ALCOOL DANGER !

TEXTE DE SERGE SOULIER
ANCIEN DIRECTEUR DE VIRAC

ALCOOL DANGER !

Une vaste méta-analyse du Lancet montre que l’alcool est dangereux même à faible dose. Cette enquête s’étend sur 25 ans de 1990 et 2O16, elle porte sur 28 millions de personnes dans 127 pays avec plus de 1800 chercheurs. /]

C’est dire le sérieux de cette étude. Les mouvements d’anciens buveurs comme la CROIX BLEUE dont la mission était à la fois curative et préventive, pressentaient ce résultat à travers leurs observations et leurs expériences. Ils étaient démentis par des affirmations médicales portées par des médecins peu scrupuleux qui prétendaient que le vin est bon pour le cœur. Ils encouragent ainsi, soutenus par les alcooliers, la population à boire.
Au salon de l’agriculture, le président de la République s’est joint à la cohorte de ceux qui encouragent à boire en déclarant qu’il prend un verre de vin à midi et le soir. Les viticulteurs étaient heureux ! De quoi bien voter aux prochaines élections.

Par ailleurs, les buveurs très occasionnels éprouvent les effets de l’alcool dès les premières gorgées. « Je ne bois quasiment jamais d’alcool, un demi-verre de vin ou deux gorgées de bière et je suis dans l’incapacité de prendre la voiture pour amener les enfants à l’école à 2 Kms » disait une jeune mère de famille. L’habitué à la prise d’alcool régulière est dans l’impossibilité de percevoir les effets de l’alcool sur son corps et ses capacités. Un commercial me disait récemment avoir découvert combien le verre de vin au repas de midi rendait bien plus lourde la reprise de l’activité en début d’après- midi. Il regrettait de ne pas avoir fait cette découverte plus tôt.

Les résultats de cette enquête nous amènent à repenser la relation au produit alcool comme le dit Emmanuelle Gakidou qui a participé à cette enquête. : « Nous devons réévaluer nos recommandations de santé publique sur l’alcool. Cela peut passer par la mise en place de taxes, des heures de vente, voire l’interdiction de la publicité ». Disons-le tout de suite, il serait dangereux de tomber dans des interdictions proches de la prohibition. D’abord parce que toutes les sociétés ont besoin de produit leur faisant oublier la dureté quotidienne.
En France, l’alcool, le tabac, le cannabis ou encore les psychotropes jouent ce rôle. Ensuite parce que toute interdiction conduit au marché noir et aux drames afférents. C’est ce qui se passe avec le cannabis non autorisé par idéologie dominante contre un besoin réel d’une catégorie de population.
Enfin, parce que les recettes permettent à l’état de soigner les dégâts faits par ces produits à l’exception du cannabis interdit qui ne produit aucune recette à l’état. Signalons aussi que l’alcool coûte plus cher que ce qu’il rapporte. Il permet à l’économie de tourner et à la société de garder son équilibre. Il s’agit ici bien sûr des sociétés occidentales où l’alcool est en libre circulation et où la question de l’alcool n’est pas liée à une religion.
Plus sérieusement il convient de donner une juste information sur la réalité de l’alcool à tous les citoyens de ce pays et à tous les niveaux. L’école est bien sûr le premier vecteur. Elle doit intégrer la vérité sur ce produit dans toutes les disciplines et pas seulement dans des leçons spécifiques et occasionnelles.
Une éducation sur le rapport à l’alcool ne passe pas par des leçons de morale uniquement. Cette information doit continuer à travers les médias, les lieux de travail, les livrets de santé et les lieux de consommation. Le plus urgent serait de stopper tout ce qui vient contredire cette information juste, à savoir la publicité, la confusion entretenue entre les effets de l’alcool et les intérêts économiques dus à ce produit.
Tout aussi urgent serait l’alcoolémie zéro pour avoir le droit de prendre le volant. La réduction de la vitesse de 9O à 80 km/heure n’est qu’un épiphénomène eut égard au nombre de morts et d’accidents dus à l’alcool sur les routes.
Cette alcoolémie zéro pourrait être étendue aux lieux de travail.
Biens des accidents et des conflits seraient ainsi évités. On ne peut que regretter que des syndicats, par manque de volontaires dans les entreprises, n’hésitent pas à confier des responsabilités à des hommes et des femmes dont l’abus d’alcool est évident. Le milieu associatif n’est pas exempt de cette pratique.
Enfin, les taxes sur l’alcool devraient s’avérer dissuasives et tempérer les excès. Ce n’est pas le cas actuellement.
Cet argent permettrait de couvrir une plus grande partie des frais engendrés par les soins des maladies dues à l’alcool.

Serge SOULIER
Ancien Directeur du Centre de Postcure de VIRAC

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