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Formation CAMERUP à Ploërmel

Résumé du we

CAMERUP

Formation addictologie systémique

24, 25 et 26 octobre 2014

Intervenants : Pegase Processus

Jean-François Croissant :
Psychologue clinicien, formateur et superviseur en alcoologie ; en thérapie familiale systémique, en thérapie centrée sur les solutions ; formé en Analyse Transactionnelle, praticien PNL. Il anime des groupes de patients alcooliques en milieu hospitalier spécialisé, il a animé et anime des groupes pour les patients et leur entourage.
Et le Dr Yves Le Claire et Fabienne Poirier.
La formation s’est déroulée sous forme d’exposés, d’échanges en groupes pour explorer le vécu militant et les attitudes bénéfiques qui ont abouti à des succès modestes ou durables.

Nous appartenons à des systèmes (familial, professionnel, etc.). Notre identité est faite de la richesse des relations que nous entretenons les uns avec les autres.
Système : ensemble d’éléments en interactions organisés en différentes fonctions reliées à un environnement et qui évoluent dans le temps
Un système cherche à maintenir son équilibre quoiqu’il en coute. Toute la cellule familiale (buveur et entourage) peut être affectée dans ces 6 potentiels
Le système, pour garder son équilibre, le fait payer à ses membres, c’est « l’aliénation systémique ».
Mais la famille reste unie… Le système est une sorte de forteresse qu’on ne peut pas attaquer de front. Il faut trouver des alliances à l’intérieur et à l’extérieur.
S’appuyer sur les forces, les compétences, les ressources des membres du système.
Rechercher des portes ouvertes ou à ouvrir. Les changements peuvent arriver en cascade à partir d’un petit changement. Il faut de la patience et de la confiance, il y a des forces constructives à l’intérieur du système que l’on peut mobiliser.

Les personnes se construisent leur réseau solution.
Proposer une certaine variété (choix)
Dans une course il y a plusieurs gagnants, la réussite est relative, les critères de succès diffèrent entre l’accompagné et l’entourage.
Les personnes ne sont pas que des enveloppes, mais peuvent aussi être influençables par l’extérieur et influencent l’extérieur.
Des micro-actions peuvent avoir de grands résultats et parfois, de grandes actions n’ont que de piètres résultats. Mais il y a toujours un intérêt d’agir

Qu’est-ce que vous aimez faire avec votre papa ?
« Quand on joue aux boules ensemble »
La mère : « c’était juste quand tu étais abstinent !! »
Et le père entend qu’il est aimé…

Chaque personne dans le système peut être affectée dans un ou plusieurs de ses potentiels

Il y a plus de succès lorsqu’il y a un suivi lors des premiers 18 mois pour faire face aux surprises, les cloisons n’ont pas encore toutes changé de place.
 Entre 1972 et 1974, Sharon WEGSCHEIDER-CRUSE a mis en évidence six zones de potentiels dont le développement est affecté chez chacun des membres de la famille.

On peut les décrire de la manière suivante :
Le potentiel physique qui représente toutes les capacités à vivre dans son corps, ceci inclut aussi bien la santé et les paramètres biologiques que le plaisir de danser et les capacités à utiliser ses cinq sens, la qualité du sommeil est également inclue dans le potentiel physique, la façon de se nourrir, les boissons, la façon de respirer, etc. Susciter la récupération du potentiel… stimuler les 5 sens.
Le potentiel émotionnel qui représente toutes les capacités à éprouver, ressentir, manifester des émotions et les exprimer dans des relations sociales et intimes. Elles sont reliées aux besoins. Capacité de vivre ses émotions avec nuances et intensités. Les émotions sont des signaux d’alerte de nos besoins et ne doivent pas être source d’inconfort. Le potentiel émotionnel est perturbé aussi dans l’entourage. Valider toutes les émotions de l’autre : « Cela a été difficile pour vous, il y a de quoi être découragé, paniqué »…
 Outil pour les enfants : Le mandala des émotions : choisir une couleur pour chaque émotion et remplir un cercle de ces couleurs. En fin de séance, demandez comment vous voudriez être dans un mois ?
Chercher à relier l’émotion à un besoin (confort, sécurité, reconnaissance…).
Emotions sociales honte (sur l’être) et culpabilité (sur l’agir). « En quoi vous vous sentez coupable, vous aviez honte de cela ? ». La honte est particulièrement toxique et peut se transmettre entre générations. La culpabilité peut se réparer, la honte se guérit.
Le potentiel mental qui représente toutes les capacités à utiliser son esprit, aussi bien la mémoire, l’attention que la capacité à utiliser ses mains ou encore ses pieds, il inclut aussi les habiletés sociales à résoudre les problèmes relationnels ou les problèmes de la vie courante, la lecture, l’écriture, l’humour, etc. Ruminations du passé, être obnubilé par le produit et ses conséquences. Passer par l’activité manuelle pour retrouver le potentiel mental (se concentrer, se souvenir, comprendre…)
Lecture, musique, mots croisés…
Le potentiel social qui représente toutes les capacités à construire des relations à l’intérieur de sa famille et avec le monde environnant. Il inclut aussi bien les relations amicales, les relations de loisirs, les relations professionnelles ou scolaires que le statut dans la société. Retrouver du potentiel social, c’est inviter « qu’est-ce que vous auriez aimé faire ? Ca vous tenterait de… ? Soutenir le potentiel social tant de l’entourage que des enfants.
Le potentiel de motivation qui représente la capacité à mettre son énergie au service d’un projet et à maintenir cette énergie en dépit des obstacles et inclut aussi la capacité à revoir ses objectifs en fonction de ses moyens et des ressources de son environnement, le plaisir de vouloir et d’agir. La motivation peut monter ou descendre. Risque d’épuisement de l’énergie pour agir. Si la personne n’est plus en capacité de décider, la pression externe peut être une motivation suffisance.
Le potentiel éthique représente la capacité à construire des valeurs et à les mettre au service des stratégies et des comportements adaptés. Sharon Wegscheider-Cruse l’appelle le potentiel spirituel, le terme éthique inclut aussi une dimension spirituelle. Dans l’Approche centrée sur les choix et les solutions développées par Luc Isebaert et son équipe à Bruges depuis les années 90, la reconnaissance et le développement de ce potentiel éthique prennent toute leur place. Parfois les addictions éloignent des valeurs.
Les membres de l’entourage amical et /ou familial affectés dans ces six dimensions, à leur tour peuvent bénéficier de soutien ; de manière réciproque ils peuvent aussi être sollicités pour soutenir une démarche de soins ou un parcours vers une vie « hors alcool » comme la définissait le Dr Jean Rainaut.

Les aider à se centrer sur leurs propres besoins, à parler, échanger, à repérer les petits moments positifs, à dire ce dont ils ne veulent plus, se fixer des limites, à comprendre la fonction de l’alcoolisation chez le parent dépendant, à réfléchir aux alternatives.
Pour cela : valider les ressentis, les impressions, les émotions, ouvrir des portes, si petites soient-elles pour désenclaver le système familial, échanger sur les solutions expérimentées.
Qu’avez-vous accompli dans votre journée (ou depuis la dernière fois….) ? Qu’est-ce qui vous a satisfait ? En quoi c’était satisfaisant ? On est ici dans l’action faite et non dans l’action à réaliser. Aider les personnes à se connecter à leurs valeurs.
Toutes ces catégories de potentiels peuvent être affectées par l’alcoolisation problématique d’un des membres de la famille. Elles sont généralement toutes affectées lors d’un dysfonctionnement familial alcoolique. Cette dynamique influence la construction de l’identité de manière profonde.L’accent est mis sur l’exploration des points forts et des ressources ; sur les moyens de mobiliser l’entourage et sur la compréhension des mécanismes familiaux.

Comment utiliser ce cercle comme outil d’intervention ?
Il est également possible de demander aux parents ou à l’enfant ou à l’adolescent de remplir lui-même ce cercle des potentiels et de lui demander, par exemple, dans quels domaines il veut progresser d’un demi-point et ce qu’il pense qu’il a à faire pour cela ; on peut aussi demander aux parents de réfléchir à ce qu’eux-mêmes pourraient faire pour que l’adolescent ou l’enfant progresse d’un demi-point dans tel ou tel domaine. L’intervenant lui-même peut se demander de quelle façon il peut contribuer à favoriser un progrès d’un demi-point dans telle ou telle zone de potentiels, il peut aussi demander à l’enfant ou à l’adolescent de quelle façon il peut lui être utile, il peut également poser cette question aux parents.
Cette façon de faire favorise l’autoévaluation et l’autodétermination des objectifs et des moyens par les membres de la famille eux-mêmes.
Dans un système, les éléments interagissent entre eux et la somme est plus que l’addition des parties.
L’être humain est un système, chaque zone de potentiels est reliée aux autres et parfois une action dans le domaine social aura des répercussions sur le potentiel mental ou le potentiel émotionnel. Il est ainsi possible à chaque intervenant, dans son domaine particulier d’intervention de contribuer au développement ou à la reprise de certains potentiels. Certaines actions ont un potentiel de changement génératif (un changement qui génère d’autres changements). S’il y a une difficulté à stimuler le changement, alors, changer de niveau.

Les mécanismes familiaux

Les règles de protection

  • Règle de Minimisation ou de Déni : l’alcoolisation, ses effets, ses conséquences sont minimisés,
  • Règle de Silence : le sujet alcool doit être tenu caché et tu, sous peine de honte ou de représailles, sujet interdit,
  • Règle d’Isolement : chacun doit se débrouiller avec ses besoins et ses émotions, perte de la solidarité, évitons les contacts
  • Méta-règle de Rigidité : méta-règle (lois) qui définit que les règles doivent être rigides.

La distribution des rôles pour les enfants :
Les rôles de l’enfant (entre compensation et individuation, entre sauver le système et sauver sa peau)
Le rôle est un costume que les enfants endossent momentanément. Ce n’est pas eux, ils devront changer.
Héros ou Héroïne : chargé d’être l’emblème de la réussite familiale, à l’extérieur. Fait le maximum pour montrer que tout va bien, bonne réussite scolaire ou sportive. Défend le système. Ce n’est pas lui qui donne l’alerte. Puissance à l’extérieur du système, débrouillard… Mais dans la famille, le héros n’a pas de puissance
Sauveteur : chargé des tâches domestiques et du soutien de l’un ou l’autre de ses parents ou les deux, de ses frères et sœurs. Infirmier des parents, confident familial.
Conseiller, celui qui donne un coup de main. Il se met au service d’un parent pour sauver le système. Il fait du mieux qu’il peut avec ses moyens de son âge.
Clown : Chargé de diluer l’excès de stress par ses distractions, il anticipe les conflits et cherche à faire diversion. Il faut mettre de la gaîté dans la maison, c’est son job alors qu’il est triste, il ne se réjouit pas lui-même. (Je ne comprends pas pourquoi il s’est suicidé, c’est toujours lui qui nous faisait rire)
Le Bouc Émissaire : Il s’assure de faire en sorte que tout retombe sur lui pour éviter qu’un autre ne souffre. Se mêle intuitivement de ce qui ne le regarde pas. Une fois embarqué dans le rôle, le rôle peut durer. Il attire sur lui les foudres de l’un ou l’autre parent, ou des deux, et favorise, parce que ses comportements sont trop voyants, l’attention des professionnels de l’aide. Par cette stratégie, il peut favoriser l’ouverture du système familial.
L’Enfant Oublié (Invisible) : a décidé de disparaître pour ne pas nuire au système familial, pour cela il/elle sacrifie son expressivité et ses besoins. Il se fait le plus discret possible, il ne réclame rien, surtout ne pas attirer l’attention. Mais lorsque l’on va vers eux, ils s’animent.
Émotionnable : Ses émotions affectent ses capacités d’apprentissages. Émotions trop perturbantes pour son esprit. Peut renoncer à sa lucidité et à l’exercice intégré de son intelligence sous l’effet répété des stress émotionnels (confusion mentale).
L’enfant Roi : à qui on accorde tout (pour effacer la culpabilité). Il a tous les droits. Il tient à garder ses privilèges. Il exerce son règne sur ses sujets, parents ou frères et sœurs qui doivent être à son service.
Aucun enfant n’est qu’un rôle, mais le costume endossé a un prix en terme de développement pour celui qui le porte, alors qu’il permet par ailleurs l’équilibration homéostatique du système familial. Le costume peut être transporté à l’âge adulte (rigidité des rôles), avec ses inconvénients et ce qui peut devenir des forces.
Aider les enfants à prendre conscience du rôle qu’ils jouent dans la famille, valoriser le courage, à abandonner l’idée qu’ils sont là pour changer le parent en difficulté, à prendre conscience qu’ils doivent répondre à des besoins contradictoires : les leurs et ceux du système.
Tout ce qui « ramène de la vie » augmente les chances de réduire les addictions. Notre travail, c’est de soutenir la vie (activités sociales, créatrices, joie…)

Les écueils à éviter :
Persécuteur Sauveteur
Poire Victime Ravitailleur
Persécuteur : Accusation – Contre accusation : langage « chacal »
Marshall Rosenberg illustre les deux types de communication les plus fréquemment employés par deux animaux (chacal et girafe) :
La girafe est l’animal qui a, proportionnellement, le plus gros coeur. La girafe prend le risque de montrer sa vulnérabilité grâce à son long cou, elle élève sa vision, ce qui lui donne la possibilité de prévoir ses actions à plus long terme. 
La girafe écoute et exprime ses sentiments, fait des demandes et donne de l’empathie. Elle sait s’affirmer. Elle le fait avec honnêteté.
Le chacal est dans le jeu de pouvoir, basé sur la domination (insulte, menace), il utilise des formes de manipulation : culpabilité, honte, éloge, punition, récompense.
Sauveteur  : sauvetage, protectionnisme, faire à la place de l’autre.
Victime  : victimisation, en faire de trop, en prendre trop sur ses épaules
La bonne poire : être naïf, tout gober, tout croire
Ravitailleur  : « dealer officiel »
On ne laisse pas le ravitailleur faire le travail
Exemple : Je ne suis pas d’accord avec votre décision ! OK, quelle meilleure proposition avez-vous à nous donner ?
Y a-t-il une chose dans votre vie qui vous convienne ? Comment pensez-vous y arriver ?

Utiliser la communication non violente :
1. Observation des faits, de façon neutre : décrire les événements plutôt que de juger ou d’interpréter.
2. Identification et expression des sentiments : développer l’intelligence émotionnelle pour accueillir et exprimer les émotions et leurs messages.
3. Reconnaissance des besoins : ils constituent un terrain sur lequel les êtres humains peuvent se comprendre.
4. Formulation d’une demande claire, concrète, positive et négociable : une demande ouverte, sans exigence, permet de passer à l’action pour satisfaire tous les besoins en présence.

ADDICTION AUX JEUX VIDEO
Il ne faut pas confondre Addiction et contrôle non acquis. Il ne s’agit pas de perte de contrôle si le contrôle lui-même n’est pas acquis : proposer plutôt un apprentissage du contrôle que des soins.
Si plus de 35h/semaine d’écran en plus des usages professionnels, il faut s’inquiéter.
Travailler ici sur la réacquisition des routines : repas/veille/sommeil.
Le suicide est la principale cause de mortalité liée aux jeux d’argent.

Dépendance à l’eau :
Population jeune en milieu festif. Usage de tout produit psychotrope puis purification à l’eau en très grande quantité très rapidement. Ceci entraine une dérégulation de l’hydratation cérébrale ainsi que des sensations qui sont recherchées. Mais il en résulte des affections rénales et cardiaques.
Concept du menhir : une pierre est par terre, on n’arrive pas à la soulever seul, mais à plusieurs c’est possible : résilience assistée. Les tuteurs de résiliences peuvent être dans la famille.
Résilience (concept de Borys Cyrulnic) : capacité à se remettre en forme après avoir été cabossé.
Trouver des tuteurs de résilience jugés dignes de confiance par la personne.
Inciter les personnes à raconter des histoires de progrès et de réussite qui entrainent une amélioration, puis une autre , etc. Le travail en équipe est indispensable.
60% du changement appartient à la personne et 40 % vient de facteurs externes (tuteurs de résilience)
 

Travailler sur les actes, sur les valeurs. :
Identifier ce qui est vivant à l’intérieur de soi ( Rosenberg )
On a en chacun de nous une pulsion d’accomplissement (C Roger)
« Qu’avez-vous fait aujourd’hui qui vous a satisfait ? » « Qu’est-ce qui va bien dans votre vie en ce moment ? » « Et quoi d’autre ? » « Qu’est ce que vous pensez qu’il faut faire pour garder ce qui va bien ? »
 « Qu’est-ce qui aujourd’hui pourrait vous rendre la vie plus belle ?
« En quoi puis-je vous être utile ? » « Et quoi d’autre ? »
On peut offrir des « bonjour » et choisir le moment favorable : fenêtre d’ouverture psychique.
« Qui sont les personnes importantes pour vous ? »

L’approche centrée sur les solutions : Steve DE SHAZER

Liste des vouloirs :

  • Qu’est- ce vous voulez pour vous ?
  • Que veut votre femme pour vous ? Que veut votre patron pour vous ?
  • Croiser les vouloirs communs
  • Comment pensez-vous faire pour y arriver ? Pour l’obtenir ?
  • Reformuler – obtenir un oui. Le lien est créé. Pont connecteur.

L’approche centrée sur la solution invite à insister sur les ressources et les solutions plutôt que sur l’analyse, le plus souvent infinie, des problèmes. Le postulat de base est que les changements décidés par la personne et les solutions qu’il trouve n’ont pas forcément de liens logiques avec ce qui cause ses problèmes. Ce qu’il veut n’est pas toujours ce que vous voulez.

Bibliographie

Marshall Rosenberg, La communication non violente
Steve de Shazer, Clés et solutions en thérapie brève, Satas, 1999
Helene BlanchardLe Coaching centré sur la Solution
Thomas d’ Ansembourg, Cessez d’être gentil, soyez vrai
Outil : La cohérence cardiaque : Aide à la gestion du stress et des émotions afin d’aboutir à un meilleur équilibre physiologique et à l’augmentation de son niveau de conscience