46e Congrès National

46e Congrès National
 

 

TEMOIGNAGE DE CHRISTIAN 47 ANS

 

           Ayant commencé à boire dés l’âge de 13 – 14 ans, je ne me suis pas aperçu que petit à petit cette consommation devenait pour moi un produit dont je ne pouvais me passer. Je n’ai rien vu venir. C’était comme une drogue.

 

           Plus tard, je me suis marié et j’ai eu 4 enfants. Ma consommation était toujours la même (10 à 12 litres de bière par jour).

           En 1992, j’ai tenté une première cure de sevrage à la clinique « Les Essarts » à ROUEN. Ce fût 1 an d’abstinence puis la reconsommation. Comme pas mal de gens avant moi, je me disais « demain j’arrête de boire ». C’était toujours le même refrain.

 

           Jusqu’en ce début de mois de février 2003, alors que j’étais encore en congés, ce fût le déclic. Une dernière fois ce jour-là je me suis alcoolisé au point de dire à ma femme « je divorce où je pars faire une cure ». J’ai moi-même appelé le médecin cet après-midi là car j’ai préféré arrêté de boire que de perdre ma famille. J’avais encore 5 où 6 bouteilles sur la table et mon fils m’a dit « Ne voudrais-tu pas enlever ces bouteilles avant l’arrivé du médecin ? » et je lui ai répondu que non car le médecin savait à quel sujet il devait venir étant donner qu’il m’avait déjà fait soigné en 1992.

J’aurai du partir immédiatement avec une ambulance mais je voulais attendre que mes filles encore scolarisé rentre de l’école pour leur apprendre ma décision. Vers 17h30, l’ambulance est venue me chercher puis on est parti pour l’hôpital.

 

Hospitaliser durant 20 jours à l’hôpital de SARREGUEMINES sur ma demande suivi d’une cure de 3 semaines aux « Essarts » de ROUEN, je savais que j’allais rejoindre une association pour réussir à tenir ainsi qu’avec le soutien de ma famille bien évidement, je me suis dit pourquoi pas la Croix Bleue de BITCHE.

En effet à la sortie de cette cure, j’ai signé un engagement d’abstinence à la Croix Bleue de BITCHE et je participais chaque 1er dimanche du mois aux réunions de la section et au bout de 1 an dans cette association je suis devenu membre actif.

 

Puis un soir, des problèmes personnels m’ont été fatidiques. Je suis parti tout en sachant que j’allais faire une bêtise « la reconsommation » et cela pendant 1 an.

Un samedi soir, nous avons fêté les 20 ans à ma fille Jennifer où je fus bien alcoolisé et je me suis dit « à quoi ça te sert ? ». Le lendemain j’ai immédiatement appelé le responsable de la Croix Bleue et lui ai demandé si je pouvais revenir au sein de l’association. On m’a répondu qu’il n’y avait aucun souci et j’ai signé un engagement d’abstinence de 2 semaines puis de 4 semaines et ainsi de suite. Et cela jusqu’au mois de juillet 2007 où je fus à nouveau membre actif ainsi que ma femme qui me soutient depuis 2 ans de nouveau.

 

Je remercie infiniment les membres de la section Croix Bleue de BITCHE qui m’ont permis de revenir il y a 2 ans maintenant malgré cette petite erreur de parcours.

 

Aujourd’hui je revis totalement et je suis fière de dire haut et fort que j’ai réussi à arrêté de boire grâce au soutien de ma famille avec qui je vis dans le bonheur absolu depuis 2 ans. Nous allons beaucoup plus au restaurant avec ma femme et mes enfants, nous allons également danser… Tout cela nous ne le faisions pas avant.

 

Christian

 

 
 

TEMOIGNAGE DE VALENTINE 19 ANS

 

           Âgé de 20 ans cette année, j’ai vécue 15 ans avec l’alcoolémie de mon père. Ces 15 années ont été très dur pour moi. Je voyais mon père le midi et le soir lors de mes années de primaire puis uniquement le soir à partir du collège ainsi que les week-ends évidemment. A chaque fois il était alcoolisé quand il rentrait du travail. C’était dur car il ne pouvait s’empêcher de crier dés que quelque chose l’énervait de trop (surtout aux infos), alors là il criait toute la soirée. Il se couchait rarement avant d’avoir vidé les 8 à 9 bouteilles qu’il lui restait à boire.

 

           Je me montrais rarement avec papa, si il sortait c’était toujours tout seul car la plupart du temps, il allait boire dans un bar alors je sortais uniquement avec ma maman pour faire les courses. Autrement nous ne sortions jamais.

 

Papa ne s’intéressait pas à ce que moi, mes sœurs et mon frère faisaient en cours. Il ne regardait jamais les notes, n’allait jamais aux réunions parents-professeurs… Par moment, je me demandais à quoi ça servait de travailler si un seul des parents s’intéressait au cours. Maman était rarement souriante car pour elle aussi c’était dur. On avait toujours des problèmes d’argent, on est jamais parti en famille ne serait-ce qu’un week-end.

 

Au collège, je ne travaillais plus car j’ai eu du mal à suivre. Je n’arrivais pas à me concentrer le soir au devoir ni le lendemain en cours car j’étais toujours fatigué car je dormais peu la nuit tellement papa criait tard le soir des fois.

 

J’étais en troisième lorsque mon père a décidé d’arrêté de boire. Je suis rentrée un soir de l’école avec mes sœurs et on a croisés mon frère qui nous a dit d’être fortes lorsqu’on arriverait à la maison. On rentra et mon père était entrain de consommer de l’alcool et nous a dit de venir chez lui car il avait à nous parler. Ce soir là, il nous a dit : «Mes enfants, papa s’en va. Il va se faire soigner. Je préfère ça que de divorcer». Peu de temps après, l’ambulance est venue le chercher puis il est parti. Je n’arrêtais pas de pleurer mais au fond de moi cela me faisais du bien de savoir qu’il avait enfin réussi à dire « STOP».

 

A mon grand regret, je n’obtins pas mon brevet des collèges et je ne pensais qu’à une chose pendant les deux mois de vacances « sortir entre amis ». Malheureusement je respectais rarement mes heures de rentrée et un jour mon père est venu me chercher et m’a privé de sortie durant 5 mois. Ce soir là, je me suis rendue compte qu’il tenait vraiment à moi et qu’il s’intéressait à ce que je faisais et à ce qu’il pouvait m’arriver. Avec l’alcool, je sais qu’il ne serait pas venu me chercher.

 

 

 

Ces 5 mois de privation m’ont été très bénéfique car à mon entrée de lycée pour mon BEP, je me suis mise au travail comme je ne l’avais jamais fait. Je savais que mon avenir commençait à ce joué ici. J’avais l’envie de travailler aussi car mes deux parents s’intéressaient à mon travail. Pour me remercier, l’année de mon BEP, je fus autoriser à aller en soirée avec des amies (à 2 reprises) et je me suis alcoolisé au point de ne plus savoir où j’étais. A cette époque (fin 2005, début 2006), papa buvait à nouveau. Je voulais voir ce qu’il trouvait à l’alcool et ce que ça faisait d’être alcoolisé à ce point. Cela ne m’a rien apporté à part le dégoût de l’alcool.

 

Aujourd’hui cela fait 2 ans que papa à de nouveau arrêté de boire et je sui heureuse comme ça. Je le respecte car il a arrêté pour lui mais pour nous aussi. Je ne bois jamais une canette ou autre chose devant lui, c’est une preuve de respect que j’ai envers lui depuis qu’il arrêté de boire. Lorsqu’on va au restaurant et que je veux un Monaco en apéritif, je lui demande toujours 3 à 4 fois si ça ne le dérange pas avant de le commander. Pareil à la maison. Au mois d’octobre 2007, nous avons fêté les 23 ans à mon copain et il avait reçu une bouteille de champagne mais j’ai demandé à papa si je pouvais l’ouvrir pour l’apéritif. On était à 6 à boire auprès ce qui fait un verre chacun à peu près et même si ça aurait fais plus, il m’a dit « Ce n’est pas parce-que moi j’ai arrêté de boire que vous devez vous en privez à chaque fois » et je lui ai répondu « c’est une question de respect et rien d’autre ».

 

Aujourd’hui je voudrais tout simplement faire comprendre que l’alcool peut tout détruire mais en osant lui dire STOP, ça peut tout reconstruire, surtout l’amour et le bonheur d’une famille.

 

Je voudrais remercier la section Croix Bleue de BITCHE qui est formée de gens formidable car ils nous ont beaucoup aidés et soutenus. Cette association est pour moi et mes parents de nouveaux amis. Chaque 1er dimanche du mois, mes parents vont aux réunions et quand je peux, avec mon copain, nous les accompagnons. Merci à tous du fond du cœur.

 

Papa, à toi je veux dire à travers ce témoignage que je suis fière de tout ce que tu as fait pour nous depuis et aussi que je suis fière de pouvoir dire à mes amis et autres personnes « C’est mon père à moi ».

 

 

PAPA JE T’AIME DE TOUT MON CŒUR

 

 

 

 

Valentine

 

 

 

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