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TEMOIGNAGE DE VALENTINE 19 ANS
Âgé de 20 ans cette année,
j’ai vécue 15 ans avec l’alcoolémie de mon père. Ces 15 années ont été très dur
pour moi. Je voyais mon père le midi et le soir lors de mes années de primaire
puis uniquement le soir à partir du collège ainsi que les week-ends évidemment.
A chaque fois il était alcoolisé quand il rentrait du travail. C’était dur car
il ne pouvait s’empêcher de crier dés que quelque chose l’énervait de trop
(surtout aux infos), alors là il criait toute la soirée. Il se couchait rarement
avant d’avoir vidé les 8 à 9 bouteilles qu’il lui restait à boire.
Je me montrais rarement
avec papa, si il sortait c’était toujours tout seul car la plupart du temps, il
allait boire dans un bar alors je sortais uniquement avec ma maman pour faire
les courses. Autrement nous ne sortions jamais.
Papa ne
s’intéressait pas à ce que moi, mes sœurs et mon frère faisaient en cours. Il ne
regardait jamais les notes, n’allait jamais aux réunions parents-professeurs…
Par moment, je me demandais à quoi ça servait de travailler si un seul des
parents s’intéressait au cours. Maman était rarement souriante car pour elle
aussi c’était dur. On avait toujours des problèmes d’argent, on est jamais parti
en famille ne serait-ce qu’un week-end.
Au collège, je ne
travaillais plus car j’ai eu du mal à suivre. Je n’arrivais pas à me concentrer
le soir au devoir ni le lendemain en cours car j’étais toujours fatigué car je
dormais peu la nuit tellement papa criait tard le soir des fois.
J’étais en
troisième lorsque mon père a décidé d’arrêté de boire. Je suis rentrée un soir
de l’école avec mes sœurs et on a croisés mon frère qui nous a dit d’être fortes
lorsqu’on arriverait à la maison. On rentra et mon père était entrain de
consommer de l’alcool et nous a dit de venir chez lui car il avait à nous
parler. Ce soir là, il nous a dit : «Mes enfants, papa s’en va. Il va se faire
soigner. Je préfère ça que de divorcer». Peu de temps après, l’ambulance est
venue le chercher puis il est parti. Je n’arrêtais pas de pleurer mais au fond
de moi cela me faisais du bien de savoir qu’il avait enfin réussi à dire
« STOP».
A mon grand
regret, je n’obtins pas mon brevet des collèges et je ne pensais qu’à une chose
pendant les deux mois de vacances « sortir entre amis ». Malheureusement je
respectais rarement mes heures de rentrée et un jour mon père est venu me
chercher et m’a privé de sortie durant 5 mois. Ce soir là, je me suis rendue
compte qu’il tenait vraiment à moi et qu’il s’intéressait à ce que je faisais et
à ce qu’il pouvait m’arriver. Avec l’alcool, je sais qu’il ne serait pas venu me
chercher.
Ces 5 mois de
privation m’ont été très bénéfique car à mon entrée de lycée pour mon BEP, je me
suis mise au travail comme je ne l’avais jamais fait. Je savais que mon avenir
commençait à ce joué ici. J’avais l’envie de travailler aussi car mes deux
parents s’intéressaient à mon travail. Pour me remercier, l’année de mon BEP, je
fus autoriser à aller en soirée avec des amies (à 2 reprises) et je me suis
alcoolisé au point de ne plus savoir où j’étais. A cette époque (fin 2005, début
2006), papa buvait à nouveau. Je voulais voir ce qu’il trouvait à l’alcool et ce
que ça faisait d’être alcoolisé à ce point. Cela ne m’a rien apporté à part le
dégoût de l’alcool.
Aujourd’hui cela
fait 2 ans que papa à de nouveau arrêté de boire et je sui heureuse comme ça. Je
le respecte car il a arrêté pour lui mais pour nous aussi. Je ne bois jamais une
canette ou autre chose devant lui, c’est une preuve de respect que j’ai envers
lui depuis qu’il arrêté de boire. Lorsqu’on va au restaurant et que je veux un
Monaco en apéritif, je lui demande toujours 3 à 4 fois si ça ne le dérange pas
avant de le commander. Pareil à la maison. Au mois d’octobre 2007, nous avons
fêté les 23 ans à mon copain et il avait reçu une bouteille de champagne mais
j’ai demandé à papa si je pouvais l’ouvrir pour l’apéritif. On était à 6 à boire
auprès ce qui fait un verre chacun à peu près et même si ça aurait fais plus, il
m’a dit « Ce n’est pas parce-que moi j’ai arrêté de boire que vous devez vous en
privez à chaque fois » et je lui ai répondu « c’est une question de respect et
rien d’autre ».
Aujourd’hui je
voudrais tout simplement faire comprendre que l’alcool peut tout détruire mais
en osant lui dire STOP, ça peut tout reconstruire, surtout l’amour et le bonheur
d’une famille.
Je voudrais
remercier la section Croix Bleue de BITCHE qui est formée de gens formidable car
ils nous ont beaucoup aidés et soutenus. Cette association est pour moi et mes
parents de nouveaux amis. Chaque 1er dimanche du mois, mes parents
vont aux réunions et quand je peux, avec mon copain, nous les accompagnons.
Merci à tous du fond du cœur.
Papa, à toi je
veux dire à travers ce témoignage que je suis fière de tout ce que tu as fait
pour nous depuis et aussi que je suis fière de pouvoir dire à mes amis et autres
personnes « C’est mon père à moi ».
PAPA JE T’AIME DE TOUT MON CŒUR
Valentine
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