L’écoute

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EDITO _ Écouter, entendre, savoir écouter, savoir entendre, voilà des déclinaisons fondamentales pour la Croix Bleue. « Il dit oui avec la tête il dit non avec le cœur » (Prévert) L’affectif est présent dès la première rencontre et c’est dans le respect de l’autre et sa propre disponibilité d’esprit que la confiance et la compréhension s’instaurent. Écouter et entendre : souvent employés l’un pour l’autre ! Il y a pourtant une très nette différence entre les deux verbes : il s’agit, dans le premier cas, d’un verbe d’action, dynamique, tandis que dans le second cas, le verbe indique une simple action passive. C’est là toute la différence. Cette notion même d’écouter postule un effort d’attention : on ne subit pas un phénomène d’ordre auditif, mais on l’analyse. Il en est de même dans les autres activités sensorielles où la différence est nettement indiquée dans des verbes comme voir et regarder, sentir et humer, tâter et toucher. Une première remarque - et elle est des plus importantes - doit être formulée : A partir du moment où l’on écoute, où on est à l’écoute, il y a toute une activité d’éveil de l’intelligence. Elle cesse d’être en stand-by, et elle entre de plain-pied dans cette activité princesse qu’est le décodage du message perçu. C’est tout le départ existant lorsque, en mélomane, j’écoute un Concerto Grosso de Haendel et quand au téléphone, je dois entendre le discours creux d’un importun. Le verbe écouter dans sa forme française actuelle (car c’est une langue en perpétuelle mutation) est le fruit de la longue transformation du verbe latin auscultare, qui serait définitivement tombé en oubli s’il n’avait été dépoussiéré et remis à l’honneur, en 1810, sous la forme d’ausculter par ce grand clinicien français, le docteur Laënnec qui, pour « ausculter », utilisait le stéthoscope qu’il venait d’inventer. Nous aussi nous « auscultons » par notre écoute. Et nous devons aussi, améliorer, parfaire cette écoute par des formations au sein de la Croix Bleue, car l’écoute du cœur a ses limites. Écouter le 12 et 13 juin, c’est ce que nous ferons à Caen, au Congrès national. Bien sûr, nous nous surprendrons à discuter de ce que nous y avons entendu, dans les heures, les semaines, les mois qui suivront pour l’enrichissement de tous ceux qui font la Croix Bleue d’aujourd’hui et ce qu’elle sera demain.

Catherine GRENIER

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