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Est-ce la fin des pots au bureau ? Les entreprises vont désormais pouvoir interdire la consommation de toute boisson alcoolisée en leur sein par le biais de leur règlement intérieur.
Jusqu’à présent, le Code du travail stipulait qu’« aucune boisson alcoolisée autre que le vin, la bière, le cidre et le poiré n’est autorisée sur le lieu de travail ». Mais un décret publié jeudi 3 juillet au Journal officiel ajoute un alinéa, selon lequel « lorsque la consommation de boissons alcoolisées » est « susceptible de porter atteinte à la sécurité et la santé physique et mentale des travailleurs », l’employeur peut prendre des mesures par le biais « le règlement intérieur ou, à défaut, par note de service ».
« Ces mesures, qui peuvent notamment prendre la forme d’une limitation, voire d’une interdiction de cette consommation, doivent être proportionnées au but recherché », précise le texte.
2,7 VERRES D’ALCOOL PAR JOUR
Le ministère du travail, à l’origine de ce décret, souligne que « l’alcool est la substance psychoactive la plus consommée » en France. Il rappelle que « le présent décret vise à donner aux employeurs les moyens d’assumer l’obligation de sécurité de résultat qui leur incombe en matière de préservation de la santé et de la sécurité des travailleurs, et de prévenir tout risque d’accident ».
L’abus d’alcool est responsable de 49 000 morts par an en France, selon une étude de l’institut Gustave-Roussy, soit de l’ordre de 134 morts par jour. Les Français de plus de 15 ans consomment 27 grammes d’alcool pur par adulte et par jour, ce qui correspond à 2,7 verres d’une boisson alcoolisée servie dans un café.
Comment la participation à un mouvement d’entraide favorise l’abstinence ?
Nous cherchons à comprendre le rôle des mouvements d’entraide dans l’aide qu’ils apportent aux personnes souffrant de leur problème d’alcool.
Parmi les modalités de soutien apportées par les mouvements d’entraide, nous pensons que l’adhésion à un mouvement favorise le dépassement du sentiment de solitude de la personne alcoolique.
Six mouvements d’entraide se sont réunis pour effectuer une recherche sur cette question en collaboration avec une équipe universitaire de chercheurs en psychologie, un chercheur de l’Institut National de la Santé et la Recherche Médicale (Inserm) et le soutien de la Mildt (Mission Inter ministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie).
Vous êtes un(e) nouvel(le) adhérent(e) à l’un de ces mouvements ; si vous souhaitez nous aider dans ce projet de recherche, n’hésitez pas à demander des renseignements complémentaires sur son déroulement.
Contactez le siège de la Croix Bleue pour en savoir plus :
Les hospitalisations dues à l’alcool ont bondi de 30% en trois ans
En un an, 400 000 personnes ont été conduites à l’hôpital à cause de l’alcool. Selon un rapport de la Société française d’alcoologie qu\’Europe 1 publie, vendredi 22 mars, ce chiffre est en hausse de 30% en trois ans.
Les hospitalisations liées à l’alcool, de l’hépatite à la cirrhose en passant par les troubles psychiques et les comas éthyliques, "sont deux fois plus nombreuses que celles causées par le diabète ou les maladies cardiovasculaires", pointe encore le rapport.
De surcroît, les séjours de moins de deux jours ont progressé de 80% en trois ans et concernent de plus en plus souvent des jeunes et de femmes. Interrogé par Europe 1, Michel Reynaud, professeur addictologue à l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif (Val-de-Marne), tire la sonnette d’alarme : "Les consommations précoces induisent beaucoup plus de dépendance."

http://www.gazetteinfo.fr/2012/06/19/lalcool-les-ados-de-verre-en-verre/
De nos jours, les rapports des jeunes avec l’alcool évoluent. Les adolescents boivent différemment et surtout de plus en plus jeune. Elsa Massabie, médecin coordinateur de l’Adosphère, centre de recueil et de soins réservé aux adolescents à Dijon, revient sur ce sujet pour GazetteINFO.fr.
GazetteINFO.fr : Quels sont les rapports des adolescents avec l’alcool aujourd’hui ?
Elsa MASSABIE : Les dernières études montrent que le premier produit dit « toxique » expérimenté par les jeunes est l’alcool. Le premier lieu d’expérimentation est la famille qui donne la première coupe de champagne à Noël par exemple. C’est culturel en France.
Le mode de consommation a-t-il évolué avec le temps ?
On se rend compte aussi que le mode de consommation change puisqu’on a de plus en plus d’ivresse chez les jeunes. Ces ivresses touchent en majorité les garçons, mais aussi de plus en plus les filles. On a un rapport de deux tiers-un tiers en ce qui concerne les ivresses. L’âge de la première ivresse a aussi tendance à baisser. Le nombre de moins de 15 ans qui arrivent aux urgences en état d’ivresse importante augmente. Les garçons sont, en plus de ça, des poly consommateurs : alcool, tabac et cannabis par exemple. Il y a aussi de nouvelles pratiques comme le binch drinking ou biture express en français. C’est la recherche des effets de l’alcool le plus rapidement possible. Beaucoup de verres en peu de temps, c’est une consommation sans limites.
Qu’est-ce qui entraîne les jeunes vers ces nouveaux modes de consommation ?
L’offre change. Les jeunes boivent de plus en plus d’alcool fort, le TGV (Tequila Gin Vodka) ou ils boivent des produits très à la mode, les pré-mixes. Ce sont des boissons destinées aux plus jeunes avec un aspect attirant. Il y a de l’alcool et beaucoup de sucre pour faire passer le goût. Et petit à petit, on arrive à des jeunes qui boivent leur bouteille de vodka, à deux en une soirée, sans problèmes.
« Les jeunes n’ont pas conscience des risques »
Vous parliez des pré-mixes. Parfois ces mixes sont réalisés à base de boissons énergisantes. Ces boissons sont-elles dangereuses en tant que telle ? Ou c’est leur association à l’alcool qui est dangereuse ?
En consommant ces boissons, les jeunes ont l’impression que rien ne va leur arriver. Avec le Red Bull par exemple, la publicité fait que l’on se sent invincible. Du coup, les jeunes n’ont absolument pas la conscience des risques qu’ils prennent en termes de possibilité de coma éthylique. Mais au-delà de ça, ils n’ont pas non plus conscience des risques associés à l’ivresse aigue. Les risques, c’est quand même l’agression physique, en sortie de boîte de nuit par exemple, l’agression sexuelle, essentiellement pour les filles, et puis tous les risques liés à la conduite.
Quels risques la consommation d’alcool implique-t-elle pour la santé des jeunes ?
Par définition, l’adolescent n’est pas encore fini. Son cerveau est immature. Donc les effets d’une alcoolisation massive ne sont pas les mêmes sur un cerveau qui est en plein développement que sur un cerveau d’adulte. Les ivresses répétées vont être à l’origine de pertes de mémoire, de pertes de concentration. Et quand on est élève ou étudiant, cela devient problématique. Des études montrent aussi que la consommation excessive d’alcool à l’adolescence peut entraîner des cas d’alcoolisme à l’âge adulte. Cela ne veut pas dire que tous les jeunes qui ont des ivresses répétées vont devenir alcooliques. Ce n’est pas le cas, c’est même très rare. Mais il faut vraiment faire la différence entre ces nouvelles pratiques et l’alcoolisme des jeunes. Ils ne sont pas dépendants à l’alcool. Ces jeunes-là sont capables de ne pas boire pendant des jours, et quand ils vont décider de boire, cela va être en excès.
Pour quels usages les adolescents se mettent-ils à boire ?
Ce n’est pas forcément pour un usage festif. C’est pour ça que face à ces adolescents qui boivent, il faut toujours essayer de savoir dans quel état d’esprit ils sont. Il y a effectivement le comportement festif, avec le côté désinhibiteur de l’alcool qui aide à s’intégrer au groupe. Et puis le chalenge que représente la consommation d’alcool. Ces jeunes se mettent en danger sans en avoir vraiment conscience. Mais ils ne se sentent pas forcément mal dans leur peau. Par contre, certains d’entre-eux boivent avant d’aller en cours pour se donner du courage, ou boivent avant de se coucher pour s’endormir. Quand ce sont des consommations répétées à des moments totalement inappropriés, là il faut vraiment s’inquiéter. Dans ces cas, le produit alcool a été utilisé à des fins différentes. Ce n’est pas le cadre festif, mais de l’automédication.
Quels sont les signes pouvant alerter les parents ?
Les parents doivent tout le temps s’en soucier. Il y a un apprentissage à faire autour de l’expérimentation de l’alcool et autour de la façon de boire de l’alcool. Les parents doivent s’en soucier sans forcément devenir inquiets. Nous sommes dans une société où l’alcool fait partie du quotidien. Il faut que les parents soient soucieux de la façon dont ils vont apprendre à leur enfant à gérer le produit alcool. C’est aussi aux parents de se sentir légitimes de mettre des limites à leurs enfants. Les parents doivent savoir si l’enfant a prévu de boire, ce qu’il pense boire et en quelle quantité. Il faut baliser les choses. Si un enfant arrive aux urgences à cause de l’alcool, il ne faut pas non plus dramatiser. Même si cet enfant ne va pas devenir alcoolique ou ne va pas forcément très mal, il faut quand même se poser la question, se demander pourquoi l’enfant en est arrivé là.
Propos recueillis par Arthur Gros
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